Réflexion sur les maladies chroniques

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Après 55 ans de pratique médicale, une question n'a jamais cessé de me hanter : pourquoi tant de patients correctement traités ne guérissent-ils jamais tout à fait de leur maladie chronique ?

J'ai vu la médecine progresser considérablement dans sa capacité à mesurer, à imager, à doser, à cibler. Elle n'a jamais aussi bien vu le corps. Elle n'a jamais aussi mal compris pourquoi certains corps cessent de guérir.

Cette série sur les maladies chroniques part d'un constat clinique simple, presque embarrassant : nous traitons les symptômes avec une précision croissante, et le nombre de malades chroniques augmente avec une constance troublante.

L'auto-immunité progresse.

Les cancers récidivent après des rémissions parfaites.

Les inflammations de bas grade s'installent sans qu'aucun agent pathogène ne les explique.

Nous avons des molécules de plus en plus fines pour éteindre des signaux de plus en plus précis, et les maladies chroniques, elles, ne reculent pas.

Ma conviction, après plus d'un demi-siècle d'exercice, est que nous nous trompons peut-être de niveau d'explication. Nous cherchons la cause dans l'organe qui souffre. Elle se trouve peut-être ailleurs : dans la logique systémique qui a conduit cet organe à devenir le lieu visible d'un conflit plus profond.

Comprendre cette logique n'est pas affaire de spéculation. Elle est déjà écrite dans la littérature scientifique, en thermodynamique, en immunologie, en biologie de l'évolution, en immuno-métabolisme. Elle n'a simplement jamais été assemblée pour répondre à la question que pose un clinicien devant un malade qui ne guérit pas.

C'est ce que cette série tente de faire.

Réflexions sur les maladies chroniques

I. La vie contre l'entropie

Préambule philosophique

Pourquoi la vie existe-t-elle alors que l'univers tend spontanément vers le désordre ? Avant de comprendre la maladie, il faut d'abord comprendre ce qu'est un être vivant et pourquoi il lutte en permanence contre l'entropie.

II. Le geste qui n'a jamais changé

De la première cellule à l'immunité

Depuis près de quatre milliards d'années, le vivant poursuit le même objectif : préserver sa cohérence. De la première cellule au macrophage, la stratégie n'a jamais changé ; seule sa complexité s'est progressivement enrichie.

III. Le passeport ne suffit pas

Pourquoi le soi et le non-soi ne suffisent plus

La grossesse, le microbiote, les maladies auto-immunes et le cancer montrent que le système immunitaire ne peut être réduit à un simple contrôle d'identité. Il semble répondre avant tout à la perte de cohérence du vivant.

IV. Le retour du fils prodigue

Quand une cellule retrouve son origine

Le cancer est-il réellement une révolte cellulaire, ou la réactivation d'un programme embryonnaire ancien que le système immunitaire a appris à tolérer depuis les premiers instants de la vie ?

V. Pourquoi les maladies chroniques ne guérissent-elles pas ?

Vers un nouveau paradigme de la chronicité

Si le système immunitaire protège avant tout la cohérence du vivant, alors les maladies chroniques ne peuvent plus être comprises comme une simple succession de diagnostics. Elles deviennent l'expression progressive d'une perte durable de cohérence biologique.

Lecture complète et réservées aux Membres Actifs de l'A.N.I.® Academy.